Cuir Faircraft

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« Les biotechnologies nous permettent de fournir des matières hautement qualitatives » Haïkel Balti, Faircraft.

Publié le par Journal du Luxe

Imaginé en mars 2021 par deux experts en génie industriel et en biotechnologie, le cuir de laboratoire Faircraft promet une reproduction des caractéristiques du matériau d'origine animale. Empreinte carbone, attentes du luxe, perspectives d'avenir... Entretien avec Haïkel Balti, CEO et co-fondateur de l'entreprise aux côtés de César Valencia-Gallardo.

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De quoi se compose le cuir Faircraft ? Quel est son processus de production ?

Haïkel Balti

Le cuir Faircraft s'appuie sur l'ingénierie tissulaire : à partir de quelques cellules, nous cultivons une peau animale en laboratoire, dite "in-vitro", avec des procédés inspirés des industries médicales et cosmétiques. Par la suite, nous tannons cette matière pour la transformer en cuir.

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Quelle est son empreinte environnementale ?

Haïkel Balti

Nous avons réalisé une étude d'impact carbone de la matière en interne qui montre une économie de 90% de CO2eq par rapport à un cuir bovin. En effet, Faircraft implique 10kg de CO2eq/m2 contre 110kg de CO2eq/m2 pour un cuir bovin.

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Pourquoi avoir développé un cuir de laboratoire plutôt qu'une autre alternative, comme les biomatériaux végétaux ?

Haïkel Balti

D'après les retours des marques et des designers, les matériaux basés sur l'utilisation de plantes ou de champignons peinent à reproduire les caractéristiques du cuir animal d'un point de vue esthétique et dans leurs propriétés techniques. Aussi, pour compenser, ces matières utilisent souvent des quantités importantes de polymères d'origine pétrolière, comme le polyuréthane. Pour répondre aux attentes de notre cœur de cible, à savoir l'industrie du luxe, il était donc nécessaire de proposer un matériau qui puisse effectivement se substituer au cuir usuel sans compromis de qualité.

faircraft production
©Faircraft

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La clientèle du luxe est-elle prête selon vous à s'orienter vers le cuir de laboratoire ?

Haïkel Balti

Le luxe, comme d'autres secteurs, s'oriente depuis plusieurs années vers des solutions plus vertueuses, éthiques et environnementales. Nous pouvons par exemple citer les partenariats entre Burberry et Elvis & Kresse pour le retraitement des chutes de cuir, Stella McCartney et Parley for the Oceans pour l'utilisation de polyester recyclé à partir de plastique récupéré dans les océans ou encore l'utilisation de fourrure de synthèse comme substitut éco-responsable à la fourrure animale.

Concernant le cuir de laboratoire, les rapports de Material Innovation Initiative montrent un fort intérêt pour cette matière. Selon une étude menée l'année dernière par cet organisme, 55% des consommateurs américains ont déclaré préférer les substituts du cuir au cuir animal. Parmi eux, 69% ont indiqué qu'ils étaient prêts à payer davantage pour des alternatives au cuir. Pour les personnes interrogées préférant le cuir animal, 80% se sont dits ouverts à l'achat de cuir cultivé à partir de cellules dans une usine tandis que 37% étaient enthousiastes à l'idée d'acheter une telle option.

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Quelles sont vos perspectives d'avenir pour Faircraft ?

Haïkel Balti

Les biotechnologies nous permettent de fournir des matières hautement qualitatives, durables et efficaces sur le plan environnemental. Pour que Faircraft arrive pleinement sur le marché, nous travaillons à mettre en place des moyens de production nécessaires à une fabrication à plus grande échelle, à travers le développement des technologies adaptées, le recrutement de talents venus des quatre coins du monde et la collaboration avec le secteur académique et industriel.

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Haïkel Balti et César Valencia-Gallardo ©Julien Hamel

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