Pourquoi Gucci quitte la Coalition anti-contrefaçon ?

Publié le par Journal du Luxe

[Edit du 17/05/2016 : Alibaba suspendu de la Coalition internationale anti-contrefaçon

Après les manifestations de Michael Kors et Gucci, la Coalition internationale anti-contrefaçon a décidé de mettre en suspend l’intégration d’Alibaba en son sein.]

Gucci a décidé de mettre fin à sa contribution au sein de la Coalition internationale anti-contrefaçon. En cause, l’entrée d’un nouveau membre qualifié par la griffe « d’adversaire le plus dangereux et nuisible ».

Gucci se retire après l’arrivée d’Alibaba son pire ennemi

L’entreprise italienne spécialisée dans la maroquinerie de luxe ne fait donc plus partie de la Coalition internationale anti-contrefaçon. Une annonce parue après que l’entité a accepté l’intégration d’Alibaba dans ses rangs.

Il faut dire que Gucci ne porte pas la société d’e-commerce chinoise dans son cœur. En 2015, la marque de mode avait mené Alibaba en justice en l’accusant d’axer son marché autour de produits contrefaits, dont ceux de Gucci.

Le géant de l’e-commerce en Chine commercialiserait sur son site des produits falsifiés ou de mauvaise qualité. Une accusation relayée par l’Administration nationale de l’industrie et du commerce de Chine (Saic).

Alibaba avait alors nié les faits en revendiquant la principale responsabilité des autorités chinoises pour la lutte face à la contrefaçon. Le groupe avait toutefois accepté de partager ses données propres aux transactions de ses différents sites avec les autorités.

La lutte face à la contrefaçon d’Alibaba reste une énigme

Si Gucci se montre réticent à l’idée de lutter aux côtés d’Alibaba face à la contrefaçon, ce n’est en revanche pas le cas de Louis Vuitton.

La marque de luxe française avait en effet officialisé son partenariat avec Taobao.com, un des sites e-commerce du groupe chinois. L’objet de cette collaboration étant justement la lutte anti-contrefaçon.

Taobao s’engageait alors à empêcher la diffusion de produits contrefaits grâce à des mesures « proactives et préventives » auprès des vendeurs ainsi que le retrait des offres suspectes.

Alors Alibaba est-il finalement acteur réel de cette lutte ou le prétend-il seulement pour redorer son image et celle de la Chine auprès des décideurs et consommateurs du luxe ?

Son activité a en tout cas été remise en question par un organisme de réglementation américain. Le comité d’enquêteurs a insisté sur le fait qu’Alibaba devait accentuer son travail dans la lutte face à la contrefaçon si le groupe souhaitait perdurer dans la liste Notorious Market.

Le saviez-vous ?

La Coalition internationale anti-contrefaçon compte 250 membres dont des grandes marques telles que Rolex, Apple ou Nike.

par Journal du Luxe