
Schiaparelli s'expose à Londres dans une rétrospective événement
Publié le par Journal du Luxe
Il aura fallu attendre 2026 pour que le Royaume-Uni rende hommage à l'une des couturières les plus radicales du XXe siècle. Le Victoria & Albert Museum dévoile la première exposition jamais dédiée à Elsa Schiaparelli sur le sol britannique, et l'une des plus ambitieuses jamais montées sur le sujet.
Schiaparelli : des débuts surréalistes à la consécration mondiale
Un pull trompe-l'œil en 1927, une robe Skeleton en 1938… Inauguré ces jours-ci, le parcours de Schiaparelli: Fashion Becomes Art s'ouvre sur une créatrice déjà en rupture avec son époque - celle qui assistait aux événements mondains vêtue de ses propres créations, transformant chaque apparition en manifeste vivant.

Là où Coco Chanel la raillait en l'appelant "cette artiste italienne qui fait des vêtements", Elsa Schiaparelli a sû imposer son propre langage, à mi-chemin entre couture et ambition artistique. Une trajectoire inédite qui s'exprime ici à travers une curation de plus de 400 objets mêlant pièces de mode, bijoux, accessoires et parfums, mais aussi documents d'archives et œuvres pluridisciplinaires.
Pour moi, créer des vêtements n'est pas une profession, mais un art.

Au cœur de l'exposition, le chapitre Creative Constellations documente notamment ce qui reste l'un des réseaux de collaborations artistiques les plus denses de l'entre-deux-guerres. La robe Lobster de 1937 face au Téléphone-Homard de Dalí, un manteau brodé avec Cocteau où des profils en fil d'or forment un vase de roses, des portraits signés Man Ray et Cecil Beaton : chaque pièce témoigne de la porosité entre l'atelier et le mouvement surréaliste. Les œuvres de Picasso, Giacometti, Meret Oppenheim ou encore Leonor Fini complètent un accrochage qui place Schiaparelli du côté de l'histoire de l'art autant que de celle de la couture.
Le parcours aborde également l'expansion internationale de la griffe - son salon londonien de Mayfair, ses costumes pour le cinéma et le théâtre... - avant de conclure sur l'héritage contemporain.



Le dernier chapitre, A Golden Thread, met ainsi en regard les archives historiques et les créations de Daniel Roseberry, directeur artistique de la marque depuis 2019. Silhouettes sculpturales et broderies haute-couture : ses pièces - dont la robe portée par Ariana Grande aux Oscars 2025 et la version revisitée de la robe Skeleton créée pour Dua Lipa aux Golden Globes 2024 - dessinent une filiation assumée, aussi formelle qu'idéologique. Un siècle de subversion couture, à l'heure où la Maison fêtera l'année prochaine les 100 ans de sa fondation.
Exposition Schiaparelli: Fashion Becomes Art
Jusqu'au 8 novembre 2026
Victoria & Albert Museum, Cromwell Road, Londres
