
LVMH et Kering renforcent leur charte pour protéger les mannequins dans le luxe
Publié le par Journal du Luxe
Près de dix ans après un premier texte commun, les deux groupes de luxe relèvent leurs exigences quant aux conditions de travail des mannequins sur les podiums et durant les scènes de shooting.
Une charte commune à LVMH et Kering
Dans un communiqué publié conjointement, LVMH et Kering font part d'une approche renforcée par rapport à la charte initiale signée en 2017.
"Par cette démarche, LVMH réaffirme que la protection des mannequins, plus que d'une action isolée, relève d'un engagement partagé par l'ensemble des acteurs de la filière - Maisons, agences, directeurs de casting et mannequins eux-mêmes. Le Groupe entend contribuer à faire évoluer durablement les pratiques du secteur de la mode", indique Antoine Arnault, Image et Environnement de LVMH, là où Marie-Claire Daveu, Directrice du Développement durable et des affaires institutionnelles de Kering, affirme de son côté que le respect, la sécurité et la dignité des mannequins "ne sont pas négociables".
Âge minimum, tolérance zéro, inclusivité...
Cette charte remaniée fixe ainsi à 18 ans l'âge minimum des mannequins recrutés pour les défilés et les séances photo mettant en scène les collections adultes. Elle pose aussi un principe de tolérance zéro face au harcèlement, aux abus et aux violences, notamment sexistes ou sexuelles.
Les situations de nudité ou de semi-nudité sont également davantage encadrées : accord préalable et formel, espace réservé, et interdiction de laisser un mannequin seul avec un membre de la production. Pour appliquer ces règles, les deux groupes prévoient des actions de sensibilisation et de formation, un contrôle accru à chaque étape de la collaboration, une procédure de signalement renforcée ou encore des vérifications inopinées sur les lieux de travail.
Ce texte intervient alors que la dernière Semaine de la mode de Paris a relancé le débat sur la maigreur de certains modèles. Les agences travaillant avec les Maisons des groupes LVMH (Louis Vuitton, Dior, Fendi, Celine...) et Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga...) ne devront ainsi présenter que des mannequins portant au minimum du 34 pour les femmes et du 44 pour les hommes. Plus généralement, la charte insiste sur un principe d'inclusion visant à refléter la diversité des profils.
Ces règles, qui incluent également des modalités liées au transport, au logement, au temps de travail ou encore à la reconversion des modèles, entreront en vigueur dès la prochaine Fashion Week de Paris, en 2027.
