
Création du BNMA : un levier stratégique pour renforcer le recrutement dans le luxe
Publié le par Pauline Duvieu
Alors que l'industrie du luxe cherche à recruter et renforcer ses équipes sur l'ensemble de la chaîne de valeur, le ministère de l’Éducation nationale annonce la création du Brevet National des Métiers d’Art, une passerelle d’excellence entre le collège et les maisons.
"Répondre aux besoins de recrutement de la filière des métiers d’art"
Le ministère de l’Éducation nationale annonce la création du Brevet National des Métiers d’Art (BNMA) pour "répondre aux besoins de recrutement de la filière des métiers d’art et renforcer son attractivité auprès des jeunes" comme l'indique son site. Disponible dès la rentrée 2026 aux collégiens, ce diplôme permettra un accès aux formations de niveau 4, avec les mêmes droits que le baccalauréat. Si la trajectoire actuelle invitait les élèves à obtenir un CAP en deux ans de formation en BNMA, un nouveau parcours intégré de trois ans préparant directement au BNMA dès la sortie de la classe de troisième sera proposé, permettant aux jeunes de se tourner au plus tôt vers les métiers d'excellence.
Pour l'heure, quatre premières spécialités seront ouvertes à la rentrée 2026 pour une première session d'examen en 2029 : l'ébénisterie, la bijouterie (option joaillerie, polissage ou sertissage), la maroquinerie de haute facture (option maroquinerie ou malleterie) et l'horlogerie. D'ici la fin de l'année, 18 spécialités ou options de CAP rénovées seront dévoilées, dans les familles des métiers du métal (orfèvre, bronzier, ferronnier d’art…) et de l’entretien et de la réparation des instruments de musique.

Les métiers d'art : 68 milliards d'euros de chiffre d'affaires
Visant à remplacer progressivement le BMA (Brevet des métiers d'art) et le bac pro AMA (artisanat et métiers d’art), cette nouvelle formation associera des enseignements professionnels spécifiques à chaque spécialité, des enseignements généraux et 16 semaines de formation en milieu professionnel. Par la suite, les diplômés pourront directement entrer dans la vie professionnelle ou poursuivre leurs études, comme avec un Diplôme national des métiers d’art et du design ou un certificat de spécialisation.
À travers cette valorisation des métiers d'art, regroupant 60 000 entreprises et 281 métiers, le ministère de l’Éducation nationale compte répondre à une sérieuse problématique : remédier à la pénurie de talents dans l'industrie, où des milliers de postes restent actuellement vacants.
Si le secteur des métiers d'art et du savoir-faire représente un demi-million d'emplois pour 68 milliards d'euros de chiffre d'affaires, selon une étude du Comité Colbert basée sur les données de 2023, les besoins continuent de s'accroître et la filière se doit de recruter de jeunes talents pour pérenniser ces expertises, tant en atelier spécialisé qu'au sein de grandes maisons de luxe. D'autant plus qu'un quart des salariés des métiers d’art ont plus de 55 ans et que ces prochains départs en retraite devront être comblés par une nouvelle génération d'employés.
