
Etude - L'emballage de luxe à l'épreuve de la sobriété sélective
Publié le par Journal du Luxe
Entre mutation des codes de la désirabilité et pression réglementaire, un récent rapport mené par Bain & Company revient sur la façon dont les Maisons de luxe transforment la réduction de l'empreinte environnementale de leurs packagings en un levier de valeur ajoutée.
Une évolution structurelle de l'esthétique du prestige
"Une mutation systémique". Historiquement corrélé à la notion d'opulence, l'emballage de luxe s'est engagé ces dernières années dans une transition profonde en faveur de la sobriété.
D'après l'étude Paper & Packaging 2026 réalisée par le cabinet Bain & Company, cette évolution se veut répondre à la demande croissante des consommateurs pour des propositions plus durables, associée à l'adoption de directives en la matière telles que la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD) et le règlement sur les emballages et leurs déchets associés (PPWR).
Résultat : sur les 561 professionnels (designers, fabricants, distributeurs et marques de luxe) sondés dans cette étude, la moitié estime que les alternatives durables représenteront près d'un tiers des ventes d'emballages de luxe d'ici trois ans.
Des matériaux innovants et des designs stratégiques
Pour s'adapter à ce nouveau contexte, les marques ont accentué leurs investissements en recherche et développement, remplaçant les plastiques conventionnels par de nouvelles solutions autour du "papier avancé" ou encore des polymères biosourcés.
Recyclage, récupération énergétique, réutilisation, mais aussi réduction des volumes : à la durabilité des matériaux s'ajoute la pertinence du design alors que la forme, la taille et le poids des emballages jouent un rôle crucial dans l'optimisation logistique, avec un impact économique fort sur l'ensemble de la chaîne de valeur.

Autant de sujets sur lesquels l'intelligence artificielle semble contribuer de façon effective : selon l'analyse de Bain, l'optimisation de la maintenance et de la production via l'IA permettrait déjà de réduire le coût de maintenance par tonne de 17 à 23%.
De la contrainte technique à l'avantage concurrentiel
L'émotion ne naît alors plus de la démesure, mais de la justesse éthique… et expérientielle. Si l'originalité des matériaux - durables - peut s'inscrire comme un facteur de désirabilité auprès des clientèles, la fonctionnalité de l'emballage peut également se faire un atout de différenciation, à l'exemple de l'écrin intelligent d'Audemars-Piguet ou encore des Passeports Numériques qui permettent de créer un lien de confiance en garantissant l'authenticité et la traçabilité.
Un atout serviciel qui, tout comme l'intégration d'expériences en réalité augmentée, permet à l'emballage de s'inscrire comme un point de contact marketing sophistiqué, capable de transformer un simple contenant en un vecteur pérenne d'identité de marque, et de fidélisation.
L'étude Paper & Packaging 2026 de Bain & Company est accessible ici.
