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LVMH aurait signé un accord pour racheter les actions Hermès de Nicolas Puech, selon Reuters

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Une enquête publiée par Reuters le 17 septembre fait état de l’existence d’un accord confidentiel conclu en 2002 par LVMH avec Éric Freymond, alors gestionnaire de fortune de Nicolas Puech. Le document aurait porté sur l’acquisition d’actions Hermès détenues par l’héritier de la famille fondatrice et par d’autres actionnaires familiaux. Une nouvelle pièce dans un dossier complexe, dont plusieurs éléments restent contestés ou non établis. Décryptage.

Un accord au cœur de versions contradictoires

Rebondissement dans l'affaire LVMH-Nicolas Puech, héritier de la famille fondatrice d'Hermès. Alors que LVMH avait déclaré devant la justice en juin 2026 n'avoir jamais eu l'intention d'acquérir la participation de Nicolas Puech, encore moins contre sa volonté, Reuters vient de dévoiler des documents montrant qu'un accord d'achat aurait bien été signé en 2002.

Pour rappel, Nicolas Puech détenait environ 6% d'Hermès, une participation qui vaudrait au cours actuel environ 10 milliards d'euros, toujours selon Reuters. L'héritier affirme que cette fortune a disparu de son patrimoine dans le cadre de manœuvres qu'il associe notamment à son ancien gestionnaire de fortune.

"Le groupe n'a jamais envisagé d'acquérir la participation de Nicolas Puech, et encore moins contre son gré" avait déclaré LVMH dans une requête. Le groupe y reconnaissait toutefois avoir collaboré avec Éric Freymond, le gestionnaire de fortune de Nicolas Puech aujourd'hui décédé, pour accumuler des actions Hermès, tout en assurant n'avoir jamais pu vérifier si l'héritier avait réellement autorisé ces cessions.

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©Hermès

Or, selon les documents consultés par Reuters, l'accord aurait bien été signé le 12 novembre 2002 par Pierre Godé, bras droit de Bernard Arnault, et Éric Freymond, prévoyant l'acquisition de plusieurs millions d'actions supplémentaires auprès de Nicolas Puech et d'autres héritiers. 

"LVMH n'a jamais indiqué avoir racheté les actions Hermès détenues par Puech. Dans sa requête déposée en juin, LVMH a reconnu avoir collaboré avec Freymond pour accumuler des actions Hermès, mais a affirmé que tout rachat des actions de Puech aurait été involontaire" précise Reuters.

L'agence poursuit : "Dans sa requête déposée en 2017 devant le tribunal suisse, LVMH a indiqué que l'accord avait été suspendu ultérieurement dans l'attente de la confirmation que Freymond était habilité à agir au nom de Puech. La société a précisé que Godé n'avait pas pu vérifier les "véritables intentions" de Puech concernant ses actions Hermès. LVMH a ajouté qu'elle n'avait jamais demandé à Freymond de signer l'accord et que le document avait été détruit fin 2010, l'année où LVMH a révélé sa participation importante dans Hermès."

Une rivalité vieille de près d'un quart de siècle

Des documents montrent également que LVMH et la holding familiale d'Arnault auraient versé au moins 20 millions de dollars de commissions à la société de Freymond entre 2001 et 2009, pendant qu'il aidait le groupe à constituer secrètement sa participation. Un contentieux distinct, engagé par Éric Freymond en Suisse en 2016 pour rémunération jugée insuffisante, s'était soldé par un règlement amiable de 10 millions d'euros en 2019.

"Pris ensemble, ces éléments démontrent que la relation entre LVMH et le gestionnaire de patrimoine et confident de Puech était plus étroite qu’on ne le pensait et soulèvent des questions quant aux récents démentis de LVMH concernant toute tentative de rachat de la participation de Puech dans Hermès" note Reuters, tout en précisant que l'existence de l'accord de 2002 ne prouve pas, à elle seule, que les actions de Nicolas Puech ont réellement été transférées à cette époque. "On ignore encore ce qu'il est advenu des actions de l'héritier d'Hermès - et de l'argent versé pour les acquérir."

Ces révélations relancent une rivalité vieille de près d'un quart de siècle, depuis la révélation en 2010 d'une participation de 17% de LVMH dans Hermès, montée jusqu'à 23% avant une trêve en 2014. Nicolas Puech affirme avoir découvert la disparition de ses actions en 2022 et réclame en justice 14 milliards d'euros de dommages et intérêts. Sa plainte vise LVMH, Bernard Arnault et des sociétés liées à Freymond.

LVMH, Puech et Hermès ont tous refusé de commenter auprès de Reuters.

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