Luxe durable : Bottega Veneta tresse désormais du végétal

Publié le par Journal du Luxe

La Maison italienne réinterprète son tressage historique Intrecciato à travers une matière biosourcée issue du champignon, et fait évoluer ses savoir-faire artisanaux sous le prisme de la biotechnologie.

L'Intrecciato, du cuir au mycélium

Un demi-siècle après sa création, le tressage Intrecciato de Bottega Veneta connaît une évolution structurelle inédite avec l'introduction cette saison d'une déclinaison végane et cruelty free. Travaillé avec la même rigueur de finition que la version originale en cuir, l'Ephea Uma se présente comme un matériau dérivé du mycélium, la structure ramifiée des champignons.

©Bottega Veneta

À l'heure où les considérations environnementales des nouvelles générations de consommateurs s'inscrivent comme l'un des leviers du secteur du luxe, cette itération végétale traduit une optimisation écologique d'un héritage made in Italy que Bottega Veneta entend préserver sur le long terme. L'Intrecciato avait d'ailleurs déjà servi de socle au projet d'upycling Réserve il y a trois ans, ainsi qu'à une collection d'objets lifestyle, comme autant de jalons d'une philosophie de réinvention continue.

Un lancement sur fonds d'investissement industriel

Prudente, la stratégie de déploiement mise sur le test and learn, la gamme se concentrant dans un premier temps sur une ligne de petite maroquinerie - étuis, portefeuilles, porte-clés, déclinés en bleu, rouge et noir - afin d'observer la désirabilité du projet avant peut être d'envisager une extension à la catégorie phare des sacs à main.

Cette initiative intervient alors que le fonds d'investissement du groupe Kering, propriétaire de Bottega Veneta, avait participé il y a deux ans à une levée de fonds de 11 millions d'euros en faveur de la start up SQIM, à l'origine du développement de l'Ephea. Une matière dont les débouchés s'adressent à la mode, mais aussi à l'automobile et au design.

Parmi les autres Maisons de luxe ayant introduit le mycélium dans leurs collections, on retrouve notamment Stella McCartney ou encore Hermès. Preuve que, face aux désidératas durables et à la raréfaction des matières premières, l'avenir du luxe se joue autant dans les laboratoires que dans les ateliers.

par Journal du Luxe