
Chronique
IA : l’ère des apps
Publié le par Georges-Henri Betbeze
Le 11 septembre 2026, OpenAI annonce la disparition prochaine de ses GPT personnalisés, ces versions de ChatGPT configurées pour accomplir des tâches spécifiques. Mais pour les remplacer par quoi ?
Par ce qu’OpenAI appelle des "plugins". Ces derniers peuvent réunir des instructions spécialisées et des applications connectées à des services tiers, capables notamment d’afficher des interfaces graphiques interactives. En d’autres termes, l’IA générative entre dans l’ère des apps, que l’utilisateur peut appeler depuis sa conversation, notamment à l’aide d’une arobase.
Un exemple de cette évolution provient du groupe Radisson, qui a annoncé le lancement de son application ChatGPT le 28 juillet, avec l’aide d’Accenture. Plus d’un millier d’hôtels du groupe dans plus de 100 pays sont ainsi consultables avec cartes, informations détaillées et tarifs actualisés, sans quitter la conversation. La réservation se finalise toutefois sur le site de Radisson. Le groupe prévoit, à terme, de permettre cette étape directement dans ChatGPT.

On voit ici se dessiner une évolution des usages : utiliser une interface conversationnelle d’IA pour effectuer toujours plus de tâches, de plus en plus complexes. Il ne s’agit plus seulement de s’informer, mais d’interagir et, déjà dans certains cas, d’acheter. Se pose à nouveau la grande question de la porte d’entrée du web : si je consulte d’abord mon assistant d’IA sur mon smartphone, combien de sites aurai-je encore besoin de visiter ?
Un enjeu qui n’a pas échappé à Google, dont le moteur de recherche pourrait voir une partie des usages se déplacer vers les assistants conversationnels. Alphabet, sa maison mère, a développé Gemini, sa famille de modèles et son assistant d’IA, en concurrence avec les offres d’OpenAI et d’Anthropic. Pour Google, l’enjeu consiste aussi à intégrer ces nouveaux parcours à ses propres services.
Le 16 septembre, Tapestry a ainsi annoncé la possibilité d’acheter des produits de ses marques Coach et Kate Spade directement dans Gemini et Google Search, y compris en mode IA, sans passer par les sites e-commerce des marques. Un bouton "Buy" apparaît dans l’interface ; le client peut ensuite finaliser son achat via Google Pay, après avoir explicitement validé la transaction. L’opération n’est encore possible qu’aux États-Unis, mais le groupe prévoit une extension à d’autres marchés.
Pour les marques, la question devient donc très concrète : comment être présentes au moment où une conversation se transforme en intention d’achat ? Et quelle place conserver dans la relation client lorsque la découverte, la comparaison et le paiement peuvent se dérouler chez un même intermédiaire ?
La guerre de l’IA n’est donc pas finie : elle ne fait même que commencer. Avec les apps comme arme d’adoption massive…

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