
Kering : le chiffre d'affaires rechute légèrement au troisième trimestre 2026, Gucci reste sous pression
Publié le par Journal du Luxe
Le groupe de luxe a vu ses ventes atteindre 3,345 milliards d'euros sur son troisième trimestre d'exercice, en baisse de 1 % en comparable. Un recul après le retour à la croissance du deuxième trimestre, que son directeur général Luca de Meo attribue à un "séquencement" attendu et à un environnement moins porteur.
Gucci, la "priorité absolue"
Sur ce trimestre, le segment Mode & Maroquinerie, à quelque 2,7 milliards d'euros, recule de 3 % en comparable. Gucci, qui y contribue à hauteur de 1,3 milliard d'euros, voit ses ventes reculer de 6 %, marqué par une base de comparaison plus exigeante, un effet de nouveauté moins marqué qu'au printemps et un trafic en recul en boutiques, notamment en Chine continentale et au Japon.
Kering relève cependant plusieurs signaux positifs sur sa marque phare tels que la hausse du panier moyen ou encore l'enrichissement de l'offre produit grâce à une qualité renforcée et à des délais de mise sur le marché réduits, avec des efforts particuliers sur les sacs à main. "Le redressement de Gucci demeure notre priorité absolue", déclare Luca de Meo, alors que la griffe florentine a intensifié ses efforts ces derniers mois pour intensifier ses codes historiques autour d'une esthétique Guccicore.
Un portefeuille qui se diversifie
Hors Gucci, les ventes du réseau en propre de la Mode & Maroquinerie progressent de 2 %. Kering cite la poursuite de la croissance de Saint Laurent, Bottega Veneta et Brioni. Balenciaga fait preuve de résilience en maroquinerie, mais son prêt-à-porter et ses chaussures restent sous pression. Alexander McQueen poursuit son repositionnement et la rationalisation de son réseau.
Les autres pôles affichent une dynamique plus marquée avec des ventes à quelque 239 millions d'euros pour Kering Jewelry (+11 % en comparable), porté par Boucheron et Pomellato, avec un réseau en propre en hausse de 18 %. Kering Eyewear atteint 373 millions d'euros, à +4 %.
Un redressement sous le signe des grandes manœuvres
Si les tendances de court terme reflètent un environnement macroéconomique plus difficile, le groupe confirme son objectif d'amélioration de sa marge opérationnelle courante en 2026.
Ces chiffres interviennent alors que Kering travaille depuis plusieurs mois à sa stratégie de redressement, sous l'impulsion de Luca de Meo, arrivé en septembre 2025. Depuis, les opérations d'envergure se sont multipliées, dont la cession des activités de Kering Beauté à L'Oréal, suivie d'une licence beauté exclusive de 50 ans pour Gucci, dont l'entrée en vigueur a été avancée à mi-2027. Sur les neuf premiers mois de l'année, le groupe a également oeuvré à l'optimisation de son réseau de distribution avec 128 fermetures et 23 ouvertures de magasins.
"Libérer le plein potentiel du groupe exige de rétablir la dynamique de Gucci, d'accélérer en matière d'excellence produit, de déployer notre plan d'action en Chine, de tirer pleinement parti de notre plateforme groupe et d'ancrer une culture d'exécution dans l’ensemble de l’organisation", résume Luca de Meo. "La transformation de Kering s'inscrit sur plusieurs saisons. Cependant, les progrès que nous constatons dans l'ensemble du groupe, notamment en matière de désirabilité et d'indicateurs opérationnels clés, renforcent notre confiance dans la trajectoire que nous avons définie ainsi que dans la détermination de nos équipes à la mettre en oeuvre avec succès."
Cette revitalisation du groupe et de ses marques s'est également accompagné d'un remaniement à la direction business et créative avec, entre autres, l'arrivée de Romain Spitzer à la tête de Bottega Veneta, et les récents départs d'Anthony Vaccarello de la direction artistique de Saint Laurent et de Seán McGirr d'Alexander McQueen.
