
Le luxe dans les pays du Golfe pourrait peser 15 milliards de dollars d’ici 2027
Publié le par Pauline Duvieu
Carrefour stratégique où sont réunies de grandes fortunes locales et internationales, les Pays du Golfe offrent de solides perspectives commerciales pour les acteurs du luxe.
+3% de ventes de luxe aux Émirats arabes unis entre 2019 et 2023
Du 27 au 29 janvier 2026, Abou Dhabi accueillera Shoptalk Luxe, un rassemblement de plus de 2 000 décideurs internationaux, dont un tiers intégré à la direction générale d’entreprises spécialisées issues des secteurs haut de gamme. Entre les conférences et les réunions d’affaires, l’avenir du retail premium, de l’expérience en magasin et numérique et des systèmes technologiques est analysé et débattu, au cœur même de la capitale des Émirats arabes unis.
La destination est loin d’avoir été choisie au hasard. Abou Dhabi profite d’un emplacement privilégié et d’un rayonnement international dans ce pays à fort potentiel. Selon le rapport "The State of Fashion : Luxury" signé The Business of Fashion et McKinsey & Company, les ventes de luxe personnel aux Émirats arabes unis ont augmenté de +3% entre 2019 et 2023. Les consommateurs locaux sont d’ailleurs les plus susceptibles d'acheter des produits neufs en magasin ou sur Internet comparés aux autres clients du monde, encourageant les marques à s’installer et à se développer durablement dans la région. La clientèle de la métropole est en effet plus sceptique à l’égard de la revente, qui suggère une incapacité à s’offrir de la première main et affaiblit cette notion de statut social.

La voisine d’Abou Dhabi, la multiculturelle Dubaï, qui vient d’inaugurer le plus grand hôtel du monde, génère elle aussi des revenus importants dans la région. Dans une étude réalisée par Visa et publiée en novembre dernier, l’émirat a stabilisé ses ventes haut de gamme au premier semestre 2025, surpassant New York et Londres, qui ont peiné à attirer la clientèle.
Environ un habitant sur neuf de Dubaï effectue un achat premium chaque trimestre : un taux nettement supérieur à celui des autres grandes villes. "La dynamique que nous observons à Dubaï confirme sa position de plaque tournante mondiale du luxe, soutenue par une solide clientèle aisée et un flux touristique constant. À mesure que de nouveaux consommateurs arrivent sur le marché et que le patrimoine se transmet d’une génération à l’autre, le nombre d’acheteurs de produits de luxe continuera de croître" a mentionné Mohamed Bardastani, économiste principal de Visa pour l’Europe centrale et orientale, le Moyen-Orient et l’Afrique.

15 milliards de dollars d’ici 2027 dans les pays du Golfe
Même constat en Arabie saoudite. Alors que le marché des produits de luxe a atteint 2,1 milliards de dollars en 2025 selon un rapport du groupe IMARC, le secteur pourrait enregistrer 3,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires d’ici 2034, soit un taux de croissance annuel de +5,6% sur cette période. De son côté, l’industrie qatari des produits de luxe devrait passer de 1,5 milliard de dollars en 2025 à 2,6 milliards de dollars de revenus en 2031 (+10% de croissance annuelle), comme l’indique un rapport de Mordor Intelligence.

Dans un marché mondial encore polarisé et faisant face à l’inflation, aux crises économiques et géopolitiques et à un retrait de certains acheteurs, le Moyen-Orient se distingue comme le territoire le plus performant en termes de luxe, d’après le rapport Bain & Company et Altagamma de novembre dernier. La progression de la région devrait se situer entre +4 et +6% en 2025, alors que la croissance mondiale tend à baisser sur cette année.
L’analyse "Luxe personnel dans les pays du Golfe 2024 : Une croissance fulgurante" du groupe Chalhoub, un détaillant et distributeur privé de produits haut de gamme basé à Dubaï, fait d’ailleurs part d’un chiffre d’affaires de 12,8 milliards de dollars en 2024 au sein de cette zone géographique (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Oman, Bahreïn). À l’avenir, l’étude table sur des ventes estimées à 15 milliards de dollars d’ici 2027, grâce notamment au commerce en ligne, aux dépenses locales robustes, à l’arrivée de nouvelles catégories de produits comme le bien-être et les vêtements de sport, et au développement de nouveaux commerces investis par des marques ayant fait leurs preuves sur d’autres territoires (comme Jil Sander, Zimmermann et Jacquemus).
