
Retail : les ouvertures de boutiques de luxe chutent aux États-Unis
Publié le par Pauline Duvieu
Recul des ouvertures, nouveaux pôles émergents, concentration sur des axes historiques... Le rapport de JLL fait état de certaines mouvances du retail de luxe aux États-Unis et au Canada au premier semestre en 2026.
Chute au premier semestre mais rattrapage possible au second
-46% : c'est la chute des ouvertures de boutiques de luxe aux États-Unis au premier semestre 2026, selon le dernier rapport JLL (Jones Lang LaSalle, une entreprise américaine de services immobiliers) sur le retail haut de gamme dans le pays et au Canada mené entre juillet 2025 et juillet 2026.
Avec 11 400 m2 de surfaces louées par les enseignes de luxe aux États-Unis au premier semestre 2026, on est bien en deçà des 21 090 m2 des six premiers mois de l'année précédente. Il faut dire que 2025 avait atteint un niveau historique avec près de 47 400 m2 de surfaces louées par les marques premium (plus de 37 800 m2 en 2024). JLL souligne tout de même que les seconds semestres sont plus propices aux ouvertures, entre lancements pour la période des fêtes et plans d'investissement avant la fin de l'exercice.

Sur l'ensemble des ouvertures américaines, les centres commerciaux et le commerce de détail de rue se partagent quasiment le terrain à parts égales, l'hôtellerie ne captant qu'une portion marginale des nouvelles adresses (2,1%). Les magasins de moins de 232 m2 représentent près de la moitié des ouvertures aux États-Unis, et seulement 5,3% dépassent les 930 m2.
Si cette différence peut s'expliquer par un ralentissement de la consommation du luxe, Bain & Company a indiqué dans une de ses études que les ouvertures monomarques mondiales sont 15 à 20% en dessous du niveau de 2022, tandis que la taille moyenne des flagships a augmenté de plus de 30%. Les maisons s'orienteraient donc vers une stratégie d'optimisation de leur réseau existant et d'augmentation du volume de l'écrin. En somme : moins de points de vente, mais plus qualitatifs.
Où et qui ?
Les marques indépendantes et familiales ont concentré 46% des ouvertures de magasins recensées aux États-Unis et au Canada. Elles devancent ainsi individuellement l'ensemble des grands conglomérats, avec une surface commerciale moyenne d'environ 297 m2 par point de vente. À eux seuls, LVMH et Richemont ont représenté près de 30% des nouvelles ouvertures sur ces deux marchés, tandis que Kering et Zegna ont chacun généré moins de 5% des ouvertures.

Les axes les plus prisés concentrent 30 des 45 ouvertures de commerces de détail recensées. Avec huit nouvelles boutiques, le Design District de Miami devance tous les autres corridors du pays. Des enseignes comme Rolex, Bvlgari ou Vacheron s'y sont installées, faisant de ce quartier le principal pôle horloger et joaillier hors centre commercial aux États-Unis. Madison Avenue joue une autre partition : peu d'ouvertures, mais la plus grande surface totale du pays, portée notamment par le flagship Dior de 4 830 m2. Beverly Hills suit une logique comparable à moindre échelle, avec trois boutiques d'environ 1 830 m2 chacune, preuve que Los Angeles mise sur le flagship plutôt que sur le volume.
Vancouver s'est particulièrement distingué au premier semestre avec 30 ouvertures de boutiques de luxe, liées à l'inauguration du complexe Oakridge Park (Chaumet, Loewe, Rolex...), ce qui la place en tête du marché nord-américain devant New York (18). Miami en compte 11, Los Angeles 7 et Orange County (juste en dessous Los Angeles) 6.
