
Alexander McQueen pourrait supprimer un tiers de ses effectifs en Italie
Publié le par Pauline Duvieu
Pénalisée par un chiffre d’affaires en chute libre, la marque Alexander McQueen s’apprêterait à licencier un tiers de ses employés italiens, selon les syndicats, dans le but de renouer avec la rentabilité.
Réorganisation de la production et suppression d’emplois
"De vives inquiétudes" commencent à gagner les équipes italiennes d’Alexander McQueen. Le 26 janvier dernier, les trois syndicats - Filctem Cgil, Femca Cisl et Uiltec Uil - se sont réunis aux côtés de la direction de la marque et des représentants syndicaux des usines locales Scandicci (Florence), Novara et Parabiago (Milan). L’objectif de cet entretien ? Aborder l’avenir de la production et de l’emploi dans les manufactures italiennes de la maison. Un avenir loin d’être radieux, selon Filctem Cgil, Femca Cisl et Uiltec Uil.
Suite à cette réunion, ces syndicats ont exprimé leurs préoccupations dans un communiqué, alertés par le "scénario économique extrêmement critique pour la période triennale 2022-2025" présenté par la société de mode basée à Londres. Impacté par une réduction de 60% des revenus, une chute des volumes de ventes et des unités produites, ainsi qu’un décalage entre les coûts d’exploitation et les recettes, le bilan financier d’Alexander McQueen représente une situation d’urgence, contraignant la marque à se réorganiser.

La direction a révélé son plan de restructuration, prévoyant notamment la suppression d’un tiers des effectifs italiens, soit une soixantaine de personnes sur les 180 salariés de l’équipe locale. Les syndicats ont également fait part d’un réajustement des processus de production dans le but de réduire les coûts.
Une addition salée qui s’ajoute à la suppression de 55 postes au siège envisagée par Alexander McQueen en octobre 2025, soit 20% des effectifs. "Dans le cadre d’une révision stratégique complète de nos opérations mondiales, nous restructurons notre siège britannique et réduisons la complexité de nos marchés internationaux" avait alors expliqué la maison.
Un "effort du groupe visant à ramener l’entreprise à une rentabilité durable"
"Les syndicats et le RSU [ndlr : Représentation Syndicale Unitaire] réaffirment l’importance d’une transparence maximale concernant le plan industriel et les stratégies de redressement, et appellent à l’activation de toutes les synergies du groupe afin de minimiser l’impact social de la restructuration" ont déclaré Filctem Cgil, Femca Cisl et Uiltec Uil.

Dans une déclaration transmise à Reuters, la griffe Alexander McQueen a indiqué qu’elle "entamait un processus formel de consultation avec les syndicats au sein de son activité italienne" et que ce programme "s’inscrit dans l’effort du groupe visant à ramener l’entreprise à une rentabilité durable au cours des trois prochaines années".
Le tout est soutenu par Kering, la maison-mère de la marque qui fait elle aussi face à un ralentissement de ses ventes - -5% au troisième trimestre 2025. Le 5 février prochain, le directeur général du groupe, Luca De Meo, doit rencontrer les syndicats pour répondre à leurs appréhensions et éclaircir la situation. Reste à savoir si l’homme d’affaires confirmera la stratégie d’Alexander McQueen ou si un terrain d’entente pourra être envisagé.
