Chronique

Hermès ou le triomphe de l'Optimisme Stoïcien : La "Sanity" dans un monde de "Vanity"

Publié le par

Alors que le luxe s’installe dans une crise molle, presque anesthésiante, une voix dissonante émerge. Celle d’Axel Dumas, à l’occasion de la publication des résultats du quatrième trimestre d’Hermès : +9,8 % de croissance des ventes au T4 2025. Ni euphorie, ni déni. Le gérant d'Hermès affiche un optimisme stoïcien en 3 points.

I. LA MAÎTRISE INTÉRIEURE : NI TRIOMPHE, NI TROUBLE

Axel Dumas est l'incarnation d'une double sagesse : la rigueur protestante et l'ataraxie stoïcienne chère à Marc Aurèle.
D'un côté, il applique à la lettre l'éthique protestante du capitalisme : l'alliance sacrée du travail acharné et de l'ascétisme. Chez Hermès, on a le devoir de produire de la richesse, mais l'interdiction morale de l'étaler. De l'autre, il adopte la posture du Stoïcien qui distingue ce qui dépend de lui (l'excellence du savoir-faire) de ce qui ne dépend pas de lui (les soubresauts du marché).

Sa phrase prononcée hier : "Je ne crie pas victoire, mais je ne suis pas inquiet non plus", est la définition absolue de la Sanity.

C'est là que le fossé se creuse avec la concurrence. Là où la "Vanity" des autres groupes enivrés par une croissance dopée se transforme aujourd'hui en panique face au ralentissement, Hermès oppose le calme des vieilles troupes.

La Leçon : dans un monde volatile, la constance est la nouvelle performance.

II. L'OBJECTIVITÉ RADICALE : LE RÉEL CONTRE L'OPINION

Axel Dumas pose un diagnostic chirurgical sur la consommation de luxe :
"L’appétit pour les dépenses en articles de luxe n’a rien à voir avec le PIB, mais beaucoup avec la bourse et l’évolution du marché immobilier."

C'est une preuve de respect envers l'intelligence de son client. Il le considère comme un investisseur dont le patrimoine fluctue avec les actifs.
En liant la santé d'Hermès à la valorisation des actifs plutôt qu'à la croissance macroéconomique brute, il explique pourquoi la marque surperforme : elle est elle-même devenue une "valeur refuge" au même titre que la pierre ou l'or.

III. LE DEVOIR D'HUMANITÉ : LE REFUS DU MÉPRIS

Alors que l'industrie semble vouloir se barricader derrière l'Ultra-Luxe et abandonner la classe moyenne jugée "défaillante", Axel Dumas refuse d'enterrer ce client historique.

"Il est faux de dire que la classe moyenne souffre partout dans le monde. C'est vrai en France, certes, mais pas partout."

En citant l'Asie du Sud, l'Amérique Latine et les États-Unis, il rappelle une vérité fondamentale : le désir d'ascension sociale est intact. Cette posture est cruciale pour l'image d'Hermès. En refusant de dire "nous ne sommes que pour les ultra-riches", Axel Dumas préserve le rêve. Il évite l'écueil de la marque "forteresse" pour rester une marque "aspirationnelle".

Axel Dumas nous prouve que le véritable luxe aujourd'hui n'est pas la croissance à tout prix, mais la lucidité.

par