Création du BNMA : un levier stratégique pour renforcer le recrutement dans le luxe

Publié le par Journal du Luxe

Alors que l'industrie du luxe cherche à recruter et renforcer ses équipes sur l'ensemble de la chaîne de valeur, le ministère de l’Éducation nationale inaugure en cette rentrée 2026 le Brevet National des Métiers d’Art, une passerelle d’excellence entre le collège et les maisons.

"Répondre aux besoins de recrutement de la filière des métiers d’art"

En février dernier, le ministère de l’Éducation nationale annoncait la création du Brevet National des Métiers d’Art (BNMA) en vue de "répondre aux besoins de recrutement de la filière des métiers d’art et renforcer son attractivité auprès des jeunes".

Disponible dès septembre 2026 aux collégiens, ce diplôme se veut permettre un accès aux formations de niveau 4, avec les mêmes droits que le baccalauréat. Si la trajectoire actuelle invitait les élèves à obtenir un CAP en deux ans de formation en BNMA, un nouveau parcours intégré de trois ans préparant directement au BNMA dès la sortie de la classe de troisième est désormais proposé, permettant aux jeunes de se tourner au plus tôt vers les métiers d'excellence.

Pour l'heure, quatre premières spécialités sont proposées pour une première session d'examen en 2029 : l'ébénisterie, la bijouterie (option joaillerie, polissage ou sertissage), la maroquinerie de haute facture (option maroquinerie ou malleterie) et l'horlogerie. D'ici la fin de l'année, 18 spécialités ou options de CAP rénovées seront dévoilées, dans les familles des métiers du métal (orfèvre, bronzier, ferronnier d’art…) et de l’entretien et de la réparation des instruments de musique.

Les métiers d'art : 68 milliards d'euros de chiffre d'affaires

Visant à remplacer progressivement le BMA (Brevet des métiers d'art) et le bac pro AMA (artisanat et métiers d’art), cette nouvelle formation associe des enseignements professionnels spécifiques à chaque spécialité, des enseignements généraux et 16 semaines de formation en milieu professionnel. Par la suite, les diplômés pourront directement entrer dans la vie professionnelle ou poursuivre leurs études, comme avec un Diplôme national des métiers d’art et du design ou un certificat de spécialisation.

À travers cette valorisation des métiers d'art, un secteur qui regroupe 60 000 entreprises et 281 métiers, le ministère de l’Éducation nationale compte répondre à une problématique, celle de la pénurie de talents dans l'industrie, où des milliers de postes restent actuellement vacants.

Si le secteur des métiers d'art et du savoir-faire représente un demi-million d'emplois pour 68 milliards d'euros de chiffre d'affaires, selon une étude du Comité Colbert basée sur les données de 2023, les besoins continuent de s'accroître et la filière se doit de recruter de jeunes talents pour pérenniser ces expertises, tant en atelier spécialisé qu'au sein de grandes maisons de luxe. D'autant plus qu'un quart des salariés des métiers d’art ont plus de 55 ans et que ces prochains départs en retraite devront être comblés par une nouvelle génération d'employés.

par Journal du Luxe