Etude - Recruter dans le retail de luxe en 2026 : tensions, salaires et profils recherchés
Publié le par Journal du Luxe
Quels profils recrutent les Maisons de luxe aujourd'hui, et à quel prix ? Dans un environnement retail en recomposition, les arbitrages se déplacent : compétences-clés, métiers sous tension et politiques salariales redessinent les priorités des grandes marques, comme le révèle une récente étude.
Retail de luxe : cinq compétences en tête de lice
Selon le dernier rapport du cabinet de recrutement Hays, en France, le secteur du retail luxe continue d'opérer un virage net dans ses stratégies de recrutement.
Face à la montée en complexité des parcours clients et à la transformation des modèles opérationnels, les Maisons recherchent de plus en plus des profils capables d'évoluer à la croisée de l'expérience, du digital et du savoir-faire. Selon cette analyse, cinq compétences s'imposent aujourd'hui comme centrales dans les politiques RH du secteur :
- Gestion omnicanale et optimisation de l'expérience client, pour piloter des parcours fluides entre boutique, digital et services personnalisés
- Analyse et exploitation de données devenues clés pour le CRM, la performance commerciale et la fidélisation
- Mise en œuvre de pratiques RSE et développement durable, des sujets désormais intégrés aux décisions opérationnelles et managériales
- Expertise produit et maîtrise des standards artisanaux, socle de la valeur perçue et du storytelling des Maisons
- Leadership collaboratif et agilité, nécessaires pour accompagner la transformation des équipes
Ce socle de compétences traduit une évolution structurelle : le retail de luxe ne cherche plus uniquement des exécutants, mais des profils capables de porter la promesse de marque tout en contribuant directement à la performance business.
Luxe : cinq métiers qui recrutent
Dans ce contexte, l'étude Hays identifie cinq métiers qui concentrent l'essentiel des tensions de recrutement, aussi bien en points de vente que dans les fonctions marketing liées au retail.
Le ou la directeur-trice de boutique demeure ainsi l'un des postes les plus stratégiques. Sa rémunération annuelle brute se situe autour de 40 à 45 k€ en début de carrière, pour atteindre plus de 65 k€ après huit ans d'expérience. Comme le souligne le rapport, le salaire peut être majoré d'environ 10% en flagship, traduisant l'enjeu commercial et symbolique de ces vitrines.
À l'heure de la reprise des flux touristiques, le ou la conseiller-ère de vente polyglotte reste un maillon clé du modèle retail avec des rémunérations qui s'échelonnent de 28 à 31 k€ pour les profils juniors, et peuvent atteindre + 45 k€ avec l'expérience.
Parmi les autres postes qui recrutent, on retrouve aussi celui de stockiste, notamment dans les environnements à fort trafic. Les salaires débutent autour de 20 à 25 k€ annuels bruts et peuvent atteindre 35 à 40 k€, traduisant la professionnalisation croissante de la gestion des flux et de la disponibilité produit.
L'étude, qui insiste sur la part de variable pouvant représenter jusqu'à 50% du salaire annuel, note également un écart moyen de 10% des salaires du secteur entre l'Ile de France - dont Paris et sa forte concentration de flagships - et le reste du pays.
Côté marketing, deux fonctions se distinguent nettement. Le ou la chargé.e de marketing, sollicité.e pour activer les leviers commerciaux et animer les réseaux de boutiques, affiche des salaires compris entre 28 et 32 k€ en début de carrière, jusqu'à 50 k€ pour les profils expérimentés. Le ou la chef de produit trade, à l'interface du marketing, du retail et des équipes commerciales, évolue entre 28 et 32 k€ à l'entrée, pour atteindre 55 k€ avec l'expérience.
Une évolution salariale à deux vitesses, révélatrice des transformations du secteur
Au-delà des niveaux de rémunération, l'étude met en lumière une évolution salariale à deux vitesses.
Les profils de vente, mais aussi de l'artisanat, restant parmi les plus demandés, le rapport observe une tendance de certaines Maisons à revaloriser les salaires afin de faire face à la pénurie et fidéliser les talents, en boutique comme en atelier. Cette dynamique s'observe également sur les fonctions digitales et RSE, portées par la transformation des modèles, l'essor de la data et la montée en puissance des enjeux de durabilité.
À l'inverse, les postes plus traditionnels - dont l'administration et les fonctions support - connaissent une progression plus modérée. Cette relative stabilité salariale est toutefois souvent compensée par des leviers annexes : flexibilité organisationnelle, dispositifs de formation, politiques RSE renforcées ou encore mobilité internationale.
L'intégralité du rapport 2026 de Hays est à retrouver ici.