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« La longévité devient l’un des grands marchés du XXIᵉ siècle » Anna Goi, Hypersanté
Publié le par Eric Briones
La quête de longévité et de performance biologique s’impose progressivement comme l’un des grands marchés émergents du XXIᵉ siècle. Entre innovations scientifiques, technologies de santé et nouvelles pratiques de bien-être, un écosystème inédit est en train de se structurer.
C’est dans ce contexte que s’inscrit Hypersanté, un événement dédié aux nouvelles approches de la santé et de la longévité.
À l’occasion de l’édition 2026, Anna Goi, organisatrice du rendez-vous, revient sur les ambitions de cette plateforme unique et sur les tendances qui redéfinissent aujourd’hui notre manière de prendre soin de notre santé.
Journal du Luxe
Quel est le concept de votre événement Hypersanté et quelle expérience allez-vous proposer à vos visiteurs ?
Anna Goi
L'Hypersanté est le premier événement qui rend la science de la longévité actionnable. Nous voulons que les participants ressortent avec l'inspiration et l'élan de prendre soin d'eux avec des approches pragmatiques et concrètes.
Concrètement, l'Hypersanté, c'est l'idée qu'on peut avoir un comportement proactif sur sa santé pour vivre en bonne santé, avoir de l'énergie pour accomplir ses projets et plus tard bien vieillir, toujours en bonne santé. Nous réunissons une communauté autour de cette approche et leur permettons de se rencontrer ou se retrouver.
L'expérience se concentre autour de trois activités : apprendre à travers des conférences d'experts, bouger avec des workshops – respiration, yoga, mouvement – et découvrir ou tester des marques sur place, des marques pas toujours accessibles : caisson d'oxygène hyperbare, photobiomodulation, sauna infrarouge… Des bains glacés sont en libre accès.
Toute l'expérience a été conçue de sorte que l’expérience soit à la fois fun et instructive. Le lieu a été choisi pour la lumière du jour, l'acoustique. Les conférences sont calibrées pour respecter le temps d’attention – 20 à 40 minutes – avec des pauses de 20 minutes qui libèrent les salles, tout en allant se balader, découvrir une boisson longévité grâce à notre partenariat avec le 48 Collagen Café. Pas de classique café-croissant : on ne laisse rien au hasard dans l'expérience.
Nous parlons d'ailleurs plutôt de participants que de visiteurs, car ils restent généralement les deux jours complets. Il y a de quoi faire !
Journal du Luxe
L'économie de la longévité est en plein essor. En réunissant médecins, ingénieurs et entrepreneurs, quel est votre objectif stratégique pour structurer ce marché émergent en France ?
Anna Goi
D'abord, créer un écosystème fertile où les synergies entre disciplines donnent naissance à des innovations concrètes. Lors de notre dernière édition, 86% des participants évoluaient dans les domaines de la santé – médecins, chercheurs, entrepreneurs, kinésithérapeutes, nutritionnistes. Ce croisement a déjà généré de belles collaborations aux dernières éditions.
Notre rôle est de démocratiser l'accès à ces connaissances et technologies. Le marché évolue parce qu'il y a une demande et que des entrepreneurs mettent en place des projets pour y répondre. Notre événement est là pour faire grandir la longévité, démocratiser la connaissance et faire émerger ce marché avec une base solide. En France, beaucoup d'innovations en matière de longévité restent confidentielles ou mal comprises.
L'Hypersanté les rend tangibles, testables et compréhensibles, tout en respectant le cadre réglementaire français qui est particulièrement strict dans ce domaine.
Concrètement, nous trions beaucoup de marques : nous ne retenons qu’une marque sur trois candidates. Nous sélectionnons 100 % des conférences, dont 30 % sont accordées à des marques. Et pour les conférences réalisées par les sponsors, celles-ci doivent nous présenter un sujet qui contribue à l'éducation publique autour de la longévité.
De plus, la longévité doit être fun tout en reposant sur un fond solide. C’est le leitmotiv qu’on garde toujours en tête lorsqu’on prend une décision.
Journal du Luxe
Votre manifeste insiste sur une approche mesurable et rejette fermement le transhumanisme ou les pseudo-sciences. Comment garantissez-vous cette rigueur scientifique auprès des marques et des investisseurs ?
Anna Goi
Nous passons beaucoup de temps à nous former sur les questions en interne, nous interrogeons les entreprises : leur cible, leur audience, leur stratégie, la science derrière leur technologie. Nous faisons une due diligence au quotidien. Nous voyageons chaque année à plusieurs congrès sur la longévité pour voir ce qui se fait, comment cela évolue, nous suivons les conférences et les tendances, nous gardons une veille réglementaire et juridique. Tout ceci est un travail très chronophage mais indispensable pour maintenir la qualité.
De plus, nous avons un comité scientifique qui nous accompagne sur les points de vigilance et un comité stratégique – notre Genius Board – qui nous permet de prendre de la hauteur et du recul sur les tendances et évolutions de ce secteur.
Concernant le transhumanisme, cela souligne une question de morale très spécifique, et selon le contexte, la perception peut varier. Je prends l'exemple d'un sportif qui perd une jambe et décide d'utiliser une prothèse afin de continuer à s'exercer : on peut considérer qu’il s’agit de biohacking. Mais si ce dernier réalise qu'il court plus vite avec la prothèse et décide de s'amputer la deuxième jambe pour améliorer ses performances, cela devient du transhumanisme. Finalement, c’est toujours une question de contexte. Notre limite à nous est la suivante : nous ne modifions pas la structure du corps, nous l’optimisons à son plein potentiel par des approches non invasives.
Journal du Luxe
Le passage d'une médecine de prévention à une véritable "proactivité" repose massivement sur la donnée et la health-tech. Quelles sont les innovations technologiques ou les modèles économiques les plus prometteurs qui seront présentés lors de cette édition 2026 ?
Anna Goi
Nous assistons à un basculement fondamental. Pendant des décennies, la médecine vous disait "venez me voir quand vous êtes malade". Aujourd'hui, la question devient : "comment puis-je rester en pleine santé le plus longtemps possible ?"
Ce changement repose sur trois piliers technologiques majeurs que nous mettons en lumière lors de l'événement.
Le premier, c'est la démocratisation de la mesure. Les participants pourront tester leur âge biologique, évaluer leur capacité cardiorespiratoire, mesurer leurs biomarqueurs de façon non invasive. Ce qui était réservé aux laboratoires de recherche il y a cinq ans devient accessible à tous. L'enjeu n'est plus d'accumuler des données, mais de les transformer en actions concrètes : quel protocole pour moi, dès demain ?
Le deuxième pilier, c'est la régénération cellulaire. Toutes les innovations convergent vers un même objectif : optimiser le fonctionnement de nos cellules et de leurs mitochondries. Que ce soit par la lumière, l'oxygène, la chaleur ou le froid, nous explorons des technologies validées scientifiquement qui permettent de ralentir, voire d'inverser certains marqueurs du vieillissement. Les participants pourront les tester sur place et comprendre les mécanismes biologiques derrière.
Le troisième pilier, c'est la personnalisation. Nous sortons de l'ère du "one size fits all". Grâce aux avancées en médecine fonctionnelle et prédictive, nous pouvons désormais adapter les recommandations à votre profil métabolique, votre microbiome, vos objectifs de vie. Ce n'est plus "voici ce qui marche en moyenne", mais "voici ce qui marche pour vous".
Côté modèles économiques, la révolution est là : rendre tout cela abordable et prescriptible. Nous voyons émerger des abonnements santé préventive, des diagnostics à domicile, des plateformes qui connectent médecins, data et technologies. La longévité sort du cabinet médical pour entrer dans votre quotidien.
Au fond, la vraie innovation n'est pas technologique. Elle est culturelle : passer d'une posture passive face à sa santé à une posture de pilote, armé de données et d'outils pour agir.

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