Mellerio : l'orfèvre derrière le trophée Roland Garros
Publié le par Journal du Luxe
Quatorze kilos d'argent pour vingt et un centimètres de haut : alors que le tournoi de Roland Garros amorce cette semaine son édition 2026, retour sur la Coupe des Mousquetaires, l'un des trophées les plus célèbres du tennis mondial.
La Coupe des Mousquetaires, une signature historique
L'histoire de ce trophée débute en 1981 sous l'impulsion de Philippe Chatrier, alors président de la Fédération Française de Tennis. Ce dernier lance un appel d'offres aux joailliers parisiens pour redessiner la récompense du Simple Messieurs aux Internationaux de France de tennis.
Mellerio remporte alors le marché avec son projet d'une coupe à large vasque, soulignée d'une frise de feuilles de vigne et ornée de deux anses en forme d'ailes de cygne, une création pensée pour symboliser les victoires de Jacques Brugnon, Jean Borotra, Henri Cochet et René Lacoste, les légendaires "quatre mousquetaires".
Car si la Maison est aujourd'hui davantage connue pour ses créations joaillières, c'est bien l'orfèvrerie qui constitue son savoir-faire d'origine. Une expertise que Roland Garros sollicite sur l'ensemble des courts puisque Mellerio est également le concepteur des trophées des catégories en double - Jacques-Brugnon (Messieurs), Simonne-Mathieu (Dames) et Marcel-Bernard (Mixte) - et signe la réplique de la Coupe Suzanne-Lenglen, trophée du Simple Dames, dont l'original offert par la Ville de Nice à la championne repose au Musée national du Sport.
Des savoir-faire au service de la victoire sur courts
Tout commence par une feuille d'argent. En un mois et une centaines d'heures, celle-ci prend vie sous les mains successives des artisan.e.s de l'atelier de la rue de la Paix : l'orfèvre tourneur-repousseur qui en façonne la silhouette, le fondeur qui coule les anses et la frise, le ciseleur qui affine chaque motif avant que l'orfèvre n'assemble et que le polisseur ne révèle l'éclat du métal.
Le graveur, lui, attend les finales pour inscrire les derniers mots sur le socle de la réplique, légèrement plus petite que la version originale : un nom et une année.