Haute couture, skincare, retail... En progression de 9%, Hermès précise ses ambitions

Publié le par Journal du Luxe

Maison de luxe Hermès, qui a vu ses ventes atteindre 16 milliards d'euros l'année dernière, est revenue sur ses priorités stratégiques au fil d'une conférence donnée à l'issue de la publication de ses résultats financiers.

Retail et immobilier : des investissements pour accompagner la demande

+13% pour la maroquinerie-sellerie, +6% pour les vêtements et accessoires, +5% pour la soie et le textile, +11% pour les autres métiers dont le lifestyle… En 2025, Hermès aura vu ses ventes progresser sur la grande majorité de ses secteurs d'activité, et ce sur l'ensemble de ses territoires d'exploitation.

Portée par la demande, la griffe a engagé l'année dernière environ 1,2 milliard d'euros dans des investissements opérationnels, qu'il s’agisse du renforcement de son parc immobilier ou de son réseau de distribution.

Parmi les projets en cours figurent notamment l'ouverture d’un magasin sur New Bond Street à Londres ou encore l'acquisition d'un immeuble de près de 2.300 mètres carrés sur Rodeo Drive à Los Angeles, en complément du magasin existant sur place. Montant estimé de la transaction : environ 400 millions de dollars.

Désirabilité et intégration : sécuriser les savoir-faire au-delà de la maroquinerie

Autre axe de développement majeur : l'investissement dans les capacités de production. Interrogé sur les projets d'ouverture de quatre maroquineries en France à l'horizon 2030 et sur la question du maintien de la désirabilité, Axel Dumas, gérant d'Hermès, est revenu sur la propension de la marque à ne pas dépendre d'un seul métier.

Si la maroquinerie-sellerie pèse actuellement pour environ 44% du chiffre d'affaires d'Hermès, les autres catégories tendent à gagner du terrain ces dernières années. Afin de sécuriser sa chaîne d'approvisionnement sur ces segments, la Maison a investi dans l'agrandissement de son atelier dédié aux arts de la table et mise sur des intégrations dans l'horlogerie mais aussi "les bijoux, les chaussures et les parfums".

Les arts de la table ©Hermès

"Protéger nos savoir-faire, la qualité des matériaux et notre créativité : tant que nous arriverons à bien faire ces trois métiers, la désirabilité sera là", explique Axel Dumas qui salue "l'équilibre" apporté par la variété des produits au sein des différents métiers avec quelque "50.000 SKU (unités de stock) actives" au sein de la Maison.

Une désirabilité également reliée au prix : durant cet entretien, Hermès a confirmé opérer cette année une augmentation moyenne de +5 à +6% de ses tarifs afin de compenser l'évolution des devises.

Haute couture et ambitions beauté : L'Appel du Large appliqué à de nouveaux territoires Hermès

Parmi les autres enseignements, la Maison a confirmé la thématique créative de 2026, L'Appel du Large. Une invitation à l'exploration que la marque entend décliner dans ses collections, mais aussi dans son introduction sur de nouveaux segments de marché.

Interrogé sur le lancement d'Hermès dans la Haute Couture - une information confirmée il y a quelques mois - Axel Dumas confirme le recrutement effectif de couturières au sein des ateliers et confie avoir "déjà vu des choses". "Le projet suit son cours", assure-t-il sans pour autant avancer de date officielle.

Le fond de teint Plein Air, le dernier lancement beauté d'Hermès ©Jacques Brun

Côté cosmétique, le segment parfum, beauté et maquillage fait partie des rares activités en repli en 2025 (-8%), une contre-performance principalement imputable aux fragrances et à la forte dépendance de cette catégorie au wholesale, notamment en travel retail. Hermès affiche cependant des ambitions sur cette catégorie et confirme ainsi souhaiter investir le domaine porteur du soin de la peau. À ce stade, aucun calendrier n'a toutefois été communiqué.

par Journal du Luxe