Dans le luxe, la quête de longévité redéfinit les critères immobiliers
Publié le par Pauline Duvieu
Le luxe ne se résume plus à l'emplacement ou aux prestations exclusives. Selon Sotheby's International Realty, les acheteurs fortunés privilégient désormais des résidences favorisant la santé, le bien-être et la capacité à vieillir dans les meilleures conditions.
La longévité, grande tendance de l'immobilier haut de gamme
Sotheby's International Realty, un acteur majeur de l'immobilier de luxe, vient de publier son rapport Mid-Year Luxury Outlook 2026, qui analyse les grands courants du marché haut de gamme grâce à l'expertise des conseillers de l'agence spécialisés dans les transactions de plus de 10 millions de dollars. Grande tendance de l'étude, la longévité et le bien-être deviennent des critères de choix pour les acheteurs fortunés, à l'heure où ce secteur est estimé à plus de 5 000 milliards de dollars de revenus par an.
Quand on sait que d'ici 2030, les personnes âgées de plus de 65 ans représenteront environ 16% de la population mondiale, le vieillissement des ménages fortunés se dresse comme l'une des mouvances les plus structurantes pour l'immobilier de luxe dans les années à venir. La longévité devient un nouveau marqueur de ce segment, au même titre que l'emplacement, l'architecture ou les prestations exclusives.
"Nombreux sont les acheteurs âgés de 50 à 70 ans qui ne cherchent pas à réduire la taille de leur logement ni à emménager dans des résidences pour seniors. Au contraire, ils achètent ou conservent des maisons qui leur permettent de vivre confortablement pendant de nombreuses années. Ce sont des clients très soucieux de leur santé, de leur longévité et de leur qualité de vie" a expliqué Anna Sherrill, conseillère principale en immobilier international chez ONE Sotheby's International Realty à Miami, en Floride.
L’immobilier axé sur le bien-être a plus que doublé en cinq ans et devrait dépasser 1 100 milliards de dollars américains d’ici 2029. 38% des conseillers spécialisés dans les transactions de plus de 10 millions de dollars estiment que la possibilité de vieillir dans son logement devient un critère de plus en plus important pour leurs clients. 62% considèrent que les critères liés au style de vie ont aujourd'hui davantage d'influence sur les décisions résidentielles que certains facteurs fiscaux ou politiques. Les propriétés alliant conception adaptée aux seniors et technologies de bien-être sophistiquées se vendront donc bien plus cher que les biens immobiliers de prestige comparables qui n'en sont pas équipés.
Un large éventail d'équipements et des prestations avec des acteurs extérieurs
Plusieurs caractéristiques sont particulièrement recherchées. Parmi elles, des éléments de conception universelle (comme les résidences de plain-pied), un contact direct avec l'extérieur, une optimisation de la qualité de l'air et de l'eau, des installations dignes d'un spa, des technologies et du personnel intégrés, ainsi que des options de restauration saines (telles que des bars à jus et des chefs privés).
Autant d'installations qui améliorent la qualité de vie, et de surcroît favorisent la longévité, et qui se couplent à des prestations avec des acteurs extérieurs. "Les résidences de marque seront de plus en plus recherchées ; les collaborations dans les secteurs de l’hôtellerie, de la mode et de l’automobile témoignent de l’évolution du marché immobilier de luxe vers des modes de vie axés sur les services" a décrit Tammy Fahmi, vice-présidente senior, stratégie et services internationaux chez Sotheby's International Realty.
Alors que la plus forte augmentation du nombre d'acheteurs immobiliers concerne les millennials, la question de la longévité dans l'immobilier de luxe dépasse largement le seul cadre des acquéreurs seniors. "Ce qui est intéressant, c’est que de nombreux jeunes acheteurs sont déjà très soucieux de leur santé, de leur longévité et de leur bien-être" a déclaré Anna Sherrill.
Ces derniers sont certes préoccupés par le design, l'intimité et les prestations proposées, mais sont en même temps très attentifs aux maisons "conçues pour l'avenir" dès le départ. Même s’ils n’envisagent pas d’y vivre à temps plein immédiatement, le bien acheté est aujourd'hui envisagé pour un mode de vie à long terme.