De l’investissement à la prise de contrôle : Frasers s'impose chez Hugo Boss
Publié le par Pauline Duvieu
Cinq ans après son entrée au capital de Hugo Boss, Frasers Group a franchi le seuil des 50% et s'impose comme actionnaire majoritaire du groupe allemand.
Hugo Boss devient une filiale de Frasers
Il aura fallu plusieurs années pour que la stratégie de Frasers porte ses fruits. Entrée au capital du groupe Hugo Boss en 2020 à hauteur de 5,1% dans un objectif global de montée en gamme de ses activités, l'entreprise de distribution (Sports Direct, Flannels et House of Fraser, participation dans Mulberry et Burberry) a augmenté sa contribution à 19,2% en 2025. Cette même année, Michael Murray, directeur général de Frasers et gendre de Mike Ashley (fondateur et actionnaire de contrôle), est proposé puis élu au conseil de surveillance d'Hugo Boss.
En juin dernier, Frasers a lancé une offre publique d'achat de deux milliards d'euros, finalement rejetée car jugée insuffisante, pour acquérir Hugo Boss. Quelques semaines après, Frasers a atteint environ 47,89% du capital et des droits de vote, devenant le principal actionnaire sans avoir encore franchi la majorité.
Fin octobre, l'histoire ouvre un nouveau chapitre. Frasers vient d'acheter 198 666 actions supplémentaires pour environ 7,6 millions d'euros, soit une participation qui atteint 50,08% (34,5 millions d’actions). Sous réserve des formalités comptables et réglementaires applicables, Hugo Boss doit donc devenir une filiale consolidée du groupe britannique.
Redresser Hugo Boss
Selon un porte-parole de Hugo Boss, cité par Reuters, le groupe a pris acte de la récente augmentation de la participation de Frasers, tout en estimant que le franchissement du seuil de 50% ne devrait pas entraîner de conséquences majeures.
Non épargné par le ralentissement du luxe, Hugo Boss a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros au premier semestre 2026, en baisse de 10% par rapport à la même période en 2025 (-8% à taux de change constants). Le résultat opérationnel (EBIT) s’est établi à 94 millions d’euros, tandis que la marge brute a progressé de 1,6 point, pour atteindre 63,7%. Pour l’ensemble de 2026, le groupe maintient ses prévisions d’un EBIT compris entre 300 et 350 millions d’euros, tout en anticipant une chute du chiffre d’affaires de 5 à 9% à taux de change constants.
Avec cette prise de contrôle, les résultats de Hugo Boss seront désormais intégrés aux comptes de Frasers Group, qui consolidera ses revenus, ses charges, ses actifs et ses passifs dans ses propres états financiers, tout en contribuant à son développement et à son redressement.