« Le métier de coiffeur se situe au plus proche de l'âme » John Nollet
Publié le par Journal du Luxe
Pour le troisième épisode de L'Essence du Beau, le podcast du Journal du Luxe réalisé par l'agence Helmut, Anaïs Duquesne reçoit John Nollet.
Il est à l’origine du carré court d’Amélie Poulain ou encore des dreadlocks emblématiques de Jack Sparrow. Coiffeur-créateur de renom, directeur artistique, photographe : en 40 ans de carrière, John Nollet a su imposer sa signature sur les plateaux, les podiums et les tapis rouges du monde entier.
Dans cet épisode inédit, John Nollet revient sur l'essence de son métier, ses inspirations mais aussi son rapport à la transmission et aux symboliques. L'occasion également d'évoquer sa relation de confiance avec ses clientes, dont sa récente collaboration - très remarquée - avec l'actrice Pamela Anderson.
Anaïs Duquesne
Il y a entre les mains du coiffeur un véritable pouvoir de transformation, de révélation. Faut-il voir dans ces gestes une forme de magie ?
John Nollet
La coiffure est avant tout un travail artisanal, un travail de techniques et de vision. En sortant de chez le coiffeur, on tend à oublier tout le processus qui a été réalisé au profit du seul résultat : il y a une sorte de 'cut' entre la personne qui est arrivée et la personne qui sort. C'est peut être en ce sens que l'on peut parler de magie...
Le mot "magie" s'entend comme "l'âme agit", une réflexion intéressante alors que le métier de coiffeur se situe au plus proche de l'âme ou, en tout cas, ce qu'on imagine être l’âme. Tout se construit autour de la tête, de l'aura.
Anaïs Duquesne
Y-a t-il parfois quelque chose d'un peu frustrant, notamment sur l'exercice du tapis rouge, à réaliser une création vouée à l'éphémère ?
John Nollet
Cela fait partie du jeu. Certaines coiffures passent totalement inaperçues, ce qui est très bien si telle était leur intention. D'autres, au contraire, restent : une coiffure peut être éphémère mais s'inscrire sur des images pour toujours. Il y a des créations marquantes qui traversent les époques mais on ne s'en rend jamais compte le jour où on les fait : c'est le temps qui les raconte.
Anaïs Duquesne
Lorsque vous imaginez une coiffure, avez-vous en tête sa propension à capter l'attention, notamment sur les réseaux sociaux ?
John Nollet
Les choses ont beaucoup évolué ces dernières années. Peut être qu'aujourd’hui, on travaille naturellement dans cette optique...
À mes débuts dans ce métier, la discrétion était le mot d'ordre : moins on racontait d'épisodes de fabrication, plus on laissait le glamour vivre sa vie. Les coulisses restaient dans l'imaginaire, je trouvais cela très élégant.
L'approche actuelle est complètement différente mais il est intéressant de regarder vers l'avenir et de chercher à comprendre comment s'adapter à l'air du temps. Ce qui me plait avec les réseaux sociaux, c'est que votre travail est vu, et pas seulement par des initiés ou ceux qui s'y intéressent : il est vu par un plus grand nombre.
Anaïs Duquesne
Certaines époques, vous inspirent-elles particulièrement ?
John Nollet
Toutes m'inspirent, toutes me plaisent. Les coiffures d'époque sont forcément plus difficiles à réaliser mais ce qui est drôle, c'est que la technique qui consiste à donner l'impression de ne pas être coiffé est pourtant tout aussi compliquée à apprendre qu'un cran des années 20 !
J'ai toujours fait le même métier, mais j'ai fait mille métiers. Ce n'est pas la même chose que de travailler pour le cinéma, l'opéra, la danse, ou pour une cliente en cabine. Je suis un peu comme le point sur le i : je m'adapte à une situation ou à une phrase. Mon travail, mon œil, rythme et accompagne.
L'intégralité de l'épisode du podcast L'Essence du Beau avec John Nollet est à découvrir ci-dessous ainsi que sur les principales plateformes de streaming dont Spotify et Deezer.
Découvrez également les deux premiers épisodes du podcast avec le parfumeur Françis Kurkdjian et le couturier et créateur de parfums Marc-Antoine Barrois.